le-tigre.net
Et nous assistâmes, les bras ballants, à la privatisation du web
Régulièrement on nous pose la question. Ou alors on nous propose. Pourquoi Le Tigre n’est pas sur Facebook, sur Twitter ? Vous voulez qu’on s’en charge ? Je réponds poliment - pas toujours poliment - que non merci ça ira très bien comme ça. Encore faudrait-il se justifier. Voici quelques explications.
Il faut se méfier des métaphores avec lesquelles on peut tout dire, et son contraire. Mais tout de même : imaginez. En bas de chez vous, il y a une route, vous pouvez l’emprunter, vous y croiserez d’autres gens, des inconnus, il vous faudra éventuellement éviter les crottes de chien et les nids de poules, et la circulation est régie par un code de la route que nul n’est censé ignorer, et dont les règles ont été fixées de manière démocratique par un État. Et voilà soudain que, au-dessus de cette route, une nouvelle route est construite, par une entreprise privée. Cette route est indéniablement plus belle, plus propre, mieux entretenue que l’autre ; elle est aussi plus pratique : plein de petits services ont été ajoutés. On peut boire des cafés gratuitement à des bornes. On peut écouter de la musique gratuitement. Il y a surtout un avantage incroyable : sur cette route, on ne croise que les gens qu’on a choisi de voir. Les autres ne nous voient pas ; on ne les voit pas. S’il le faut vraiment (et parfois il le faut parce que des rétrogrades refusent d’emprunter cette route, alors qu’elle est gratuite), on peut trouver parfais des passerelles vers la route du bas, la vieille moche. Bien sûr, il y a des publicités le long de cette route, mais finalement il y en avait aussi sur celle du bas. Bien sûr, il faut s’inscrire pour aller sur cette route, pas comme l’autre, ouverte à tous.
Internet Actu.net
Nostalgie de la mèche
La lecture de la semaine est l’un des derniers textes postés sur le blog de Nicholas Carr, le célèbre contempteur de l’internet contemporain. Il reprend ici l’épilogue de Big Switch, son livre publié en 2008, mais le propos reste d’actualité. Le texte s’intitule “Flamme et filament”. “L’une des plus grandes inventions de l’humanité, commence Carr, fut aussi une des plus modestes : la mèche. Nous ne savons pas qui est le premier à avoir compris, il y a des milliers d’années, que le feu pouvait être isolé à l’extrémité d’une pièce de fils de tissus entrelacés et alimenté par capillarité grâce à un réservoir de cire ou d’huile. Mais la découverte fut, selon les dires de Wolfgang Schivelbusch (Wikipédia) auteur de Disenchanted Night “aussi révolutionnaire dans le développement de la lumière artificielle que la roue dans l’histoire du transport”. La mèche a apprivoisé le feu, permettant qu’il soit utilisé avec une précision et une efficacité bien plus grandes que lorsqu’il était porté par une torche de bois ou un faisceau de brindilles. Grâce à ce processus, la mèche a participé à notre propre domestication. Il est difficile d’imaginer la civilisation aboutissant à son état contemporain grâce à des torches.
scinfolex.wordpress.com
La culture doit elle etre libre et gratuite ?
Mardi soir, le magazine Usbek et Rica organisait une conférence à la Gaîté Lyrique sur le thème de “La Culture doit-elle être libre et gratuite ?“. Il s’agissait de la cinquième édition du Tribunal pour les générations futures, dont voici le pitch :
Parce que l’avenir n’est pas encore mort, nous avons plus que jamais besoin de l’explorer ! Chaque trimestre, accusé, procureur, avocat, témoins et jury populaire statuent sur un enjeu d’avenir… pour identifier les bouleversements d’aujourd’hui et les défis de demain.
La culture doit-elle être libre et gratuite ? La philosophie hacker dessine une nouvelle société du partage, dans laquelle la culture doit trouver un modèle économique à la fois stable et ouvert. Militants du libre et représentants des industries culturelles seront là pour en débattre, dans ce nouveau Tribunal pour les générations futures.
Zned.fr
Sergey Brin (Google) : Facebook et Apple menacent l’ouverture d’Internet
L’Internet est de moins en moins ouvert considère le fondateur de Google, Sergey Brin. Et des géants comme Facebook et Apple en sont en partie responsables selon lui de par leurs pratiques et les règles restrictives qu’ils imposent